Une autorisation encadrée, pas un feu vert général

L’arrêté d’août classe certains robots de livraison dans la catégorie L des véhicules. Ils peuvent être homologués pour circuler sur la chaussée, hors trottoirs, dans les limites de leur dossier technique. Selon leur catégorie, les dimensions maximales peuvent atteindre quatre mètres de long, deux mètres de large et 2,5 mètres de haut, avec jusqu’à une tonne de charge utile. Ces plafonds ne décrivent pas le petit robot que chaque ville verra demain. Ils fixent une enveloppe réglementaire. Le constructeur doit démontrer la sécurité et la collectivité définit les zones ou itinéraires. La supervision à distance reste prévue afin qu’un humain puisse suivre les difficultés.

Les trottoirs posent un problème différent

Lors des Assises du véhicule autonome du 23 octobre, le ministère a annoncé un travail avec l’Intérieur et les collectivités sur les petits robots dans les espaces piétons. Le trottoir n’est pas une chaussée miniature : la vitesse varie, les trajectoires sont imprévisibles et l’espace est indispensable aux fauteuils roulants, poussettes et personnes malvoyantes. Les règles devront couvrir la priorité, la vitesse, l’arrêt sûr, le franchissement, la téléassistance, les incidents et l’encombrement. Les capteurs peuvent détecter des obstacles, mais leur performance doit être évaluée sous la pluie, la nuit, dans une foule ou face à des travaux.

Une nouvelle économie du dernier kilomètre

Pour les opérateurs, un robot électrique peut réduire les petits trajets en utilitaire et assurer des tournées répétitives. Il ne supprime pas les dépôts, le chargement, la maintenance, la supervision ni la remise au destinataire. Les gains environnementaux dépendront du véhicule remplacé, du taux de remplissage et de l’électricité utilisée. Pour l’emploi, certaines courses peuvent être automatisées tandis que naissent des fonctions de supervision et d’intervention. La question sociale portera sur le rythme du remplacement, la qualité des nouveaux postes et la responsabilité en cas d’accident.

Conclusion

La France a créé une voie juridique pour les robots de livraison, pas un droit de circuler partout. La réussite se jugera moins au nombre de capteurs qu’à la capacité des villes à protéger l’espace public, mesurer les incidents et démontrer un bénéfice réel pour les habitants.